lundi 31 mai 2021

Quand les légumes s'associent

 

Un vrai fouillis ! Voilà l'impression que peuvent donner les serres d'Estelle Martinaud au premier abord. Mais rapidement, les participants à notre séance chez cette maraîchère bio de Saint-Urbain se rendent compte que tout est maîtrisé. 

Installée à Cleuz-Bras depuis 2013, Estelle exploite 1,5 hectares de terres et 1000 m2 de serres "au début de manière classique, en travaillant le sol, en utilisant des bâches plastique". Des méthodes apprises à l'école mais qui ne la satisfont pas complétement. "Dès la première année, j'ai fait un essai d'association de plantes et sans travail du sol." Mais c'est une tempête qui lui fera sauter le pas. "Un tunnel s'est effondré alors que je venais de recevoir tous mes plants à repiquer. Il fallait bien les faire tenir dans les deux autres serres qui restaient debout. La seule solution était de les associer."
Une méthode qui permet aux plantes de mieux résister aux maladies et aux ravageurs, d'utiliser tout l'espace disponible, d'aller jusqu'au bout des récoltes. "Des études montrent que si l'on cultive ensemble des oignons et des salades, les rendements sont supérieurs de 40 % par rapport à des cultures séparées, note Estelle. Et si on rajoute des haricots le rendement est supérieur de 80 %." L'exemple type d'association est celui dit des Trois Sœurs : courge, maïs et haricot. "Le maïs va servir de tuteur au haricot. Ce dernier va enrichir la terre en azote pour aider à la croissance du maïs et de la courge. Et elle, va couvrir le sol de ses feuilles et jouera un rôle de paillis."

Un exemple dans la première serre : tomates, fraises, salades et échalottes. "Le temps que les tomates se développent, les salades auront fini de pousser. Et les fraises, qui restent au niveau du sol, et les tomates qui poussent en hauteur, vont capter toute la lumière possible." Le principe est d'associer des plantes qui m'ont pas les mêmes besoins, qui poussent à différentes hauteur et qui ne sont pas sensibles aux mêmes ravageurs. 

Estelle égraine un plant de roquette
pour répartir le semis naturel le long
de sa planche.

Parallèlement, le sol n'est plus travaillé. 'Il est soit couvert de plantes, reprend Estelle, soit de paillage. Donc il y a très peu de désherbage à faire." En plus, le paillage va apporter des nutriments au sol, en particulier du carbone. Quant à l'arrosage, un tuyau de goutte à goutte courre dans chaque serre. Enfin, Estelle laisse monter à graine mâche, roquette, pourpier… qui se ressèment naturellement. "Comme ça, j'ai du mesclun toute l'année."

A l'extérieur, le travail des bandes potagères est plus classique. "Je suis en train d'essayer des bâches tissées, montre Estelle. J'ai d'abord travaillé le sol, posé ma bâche et quand les adventices ont été toutes grillées, j'ai fait un semis de carottes. Cela me semble aussi efficace que lorsque j'utilise un désherbeur thermique." Seul bémol à l'emploi des bâches : campagnols et limaces y prolifèrent.

Estelle vend sa production en paniers, dans sa boutique de Trévarn (à Saint-Urbain), le vendredi soir. 

Dès qu'un espace se libère, un nouveau 
plant est incéré. Ici une salade.

Un tas de foin à l'entrée du tunnel : il permet
de pailler entre les plants et d'apporter
du carbone à la terre en se décomposant.
 

Les fraisiers s'étalent sur le paillis et entourent
les plants d'aubergine.

 

Salades, fraisiers, oignons cohabitent
pour le bien de tous.

 

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