mercredi 3 avril 2019

Savoir conduire une vigne




C'est sous un soleil radieux que les amis du coteau du Fogot, à Loperhet, nous ont accueillis sur le thème:(création,entretien et taille de la vigne).
Joël Porcheray , membre de l'association Loperhétois d'adoption mais natif de Bourgogne nous a présenté les différentes étapes de la plantation à l'entretien du vignoble.
Tout d'abord un historique sur la vigne en Bretagne, la plus ancienne serait celle que le roi Gradlon aurait donné à Saint Gwennolé à Hanvec au 5° siècle, le vin était surtout destiné au clergé et à la noblesse, mais avec le refroidissement climatique du 11 siècle et surtout avec l'ordonnance de Colbert qui interdit la vigne en Bretagne et en Normandie au profit de la pomme , elle a entièrement disparu. Une loi Européenne datant du 01/01/2018 permet aujourd’hui la commercialisation du vin dans ces régions.
L'association est toute récente : les premiers pieds ont été plantés en mai 2018 ; 300 pieds greffés pour moitié de porte-greffe américain (3309 et riparia ) avec greffage Chardonnay, 100 autres pieds greffés pinot beurot (pinot gris d'Alsace)viendront cette année compléter le vignoble. La vigne pousse dans n'importe quelle terre mais préfère les terres pauvres et le choix du porte greffe sera adapté à la nature du sol. Le porte greffe américain a été choisi car il résiste au phylloxéra (puceron), une autre maladie, la flavescence doré causé par un insecte (cicadelle) dont le principal prédateur est la mésange. L'année dernière suite à une petite attaque de mildiou, l'association a opté avec succès pour un traitement au bicarbonate de soude dilué à 1% avec adjonction de savon noir. Il est possible d'utiliser le bicarbonate de potassium et du souffre en cas d'attaque d'oïdium. La commune étant en zéro phyto, le sulfate de cuivre est à proscrire. La vigne est auto féconde mais peut subir la coulure en cas de mois de juin pluvieux,
Joël a évoqué les tailles. La vigne est une liane, on ne pourrait la laisser pousser sans limite
(production plus faible et de moins bonne qualité). Il existe 3 méthodes : en gobelet, guyot et cordon royal. L'association va utiliser la méthode guyot double( le sol étant riche). La taille de formation dure 4ans : 1ère année, tailler court à 2 yeux ; les autres années, tailler en fonction de la forme définitive que l'on veut donner. Puis vient la taille de production: le premier bourgeon n'est jamais fructifère, le second l'est rarement; les meilleurs bourgeons sont les 4, 5 ,6. En guyot double, deux baguettes de 5, 6 ,7 bourgeons attachées à un fil à l'horizontal et un autre composé d'au moins un courson de 2 yeux destiné à produire du bois, la taille se faisant en mars. Pour faire simple, quand on ne sait pas, il vaut mieux tailler long.

A la plantation, enlever toute la matière organique (adventices) et l'évacuer (en compost pour le potager par exemple). Quand l'implantation de la vigne est suffisante et pour favoriser l'enracinement, l'association va semer un mélange de 4 herbes (1 graminée, légumineuse, plantes mellifères) en concurrence avec la vigne. Enfin, la vigne sera pallissée sur 4 fils, le premier à 40 cm du sol.
C'est en 2021 que l'association espère obtenir sa première récolte. Pour 400 pieds, 500 à 600 litres sont attendus les bonnes années. Faire du vin est autre métier; les vignerons du sud de la France sont confrontés à la montée du taux d'alcool dans le vin a cause du réchauffement climatique; La Bretagne deviendra sans doute une nouvelle région viticole!!!!


Encore merci à l'association le coteau du Fogot et à Joël qui nous à transmis sa passion.





lundi 25 février 2019

Un potager en une demi heure

Démarrer et réussir son potager en n'y consacrant qu'une demi-heure maximum par jour, c'est le défi relevé par Laurent Ranou, jardinier de l'Ecomusée des Monts d'Arrée, lors de notre dernière séance. Nous étions une soixantaine réunis dans le jardin de Laurence, débutants ou jardiniers plus aguerris, pour apprendre ou parfaire nos techniques. Le "terrain de jeu" sera deux carrés potager préparés à l'automne : désherbage, couverture de feuilles et de cartons.
Pour commencer, Laurent expose les grandes lignes du fonctionnement du sol. "Ce type de carré, entouré de pelouse, est idéal car la pelouse est riche en micro-faune qui va aussi venir dans nos carrés. En effet, bactéries et champignons dégradent les feuilles mortes et produisent de l'humus pour nourrir nos futurs légumes." Sans oublier l'action d'aération de la terre des vers de terre.
Donc, le futur potager -ou l'agrandissement de l'existant- doit se penser à l'automne en recouvrant le sol de feuilles mortes ou de cartons (apport de carbone) et de BRF (bois raméal fragmenté : broyat réalisé en mars-avril lors de la montée de sève) ou de déchets de plantes (apport d'azote). "C'est ce bon équilibre entre carbone et azote qu'il faut rechercher. Car attention, le trop plein d'azote va se traduire par le développement de maladies et provoquer plus d'attaques de ravageurs."

Le terrain ainsi préparé, reste à savoir quand commencer les semis ou plantations. Déjà, il est bon de connaitre un peu mieux sa terre. A commencer par son ph. "J'utilise ce lecteur, présente Laurent. Généralement ici la terre est trop acide (ph inférieur à 7) et il faut prévoir un amendement de chaux, plutôt à l'automne ou de cendres de bois, au début du printemps. Et ne pas trop en ajouter !" Un petit outil qui permet également de connaître la luminosité et de mieux installer les plantations en fonction de leur besoin en soleil.
"Ensuite, il faut que la terre ne soit pas trop mouillée. Elle doit être friable. On s'en rend vite compte en en prenant une poignée que l'on serre. Si elle reste en boule, il est trop tôt pour la travailler." Enfin, dernier test : prendre la température de la terre. Chaque plante ayant une température idéale de germination (voir ici), il ne sert à rien de semer trop tôt si la terre n'est pas assez chaude.
sur 6 carrésEn attendant, il est toujours bon de préparer son plan de jardin. "C'est indispensable ! assure Laurent. Comme ça, on se rappelle d'une année sur l'autre ce que l'on a planté pour permettre une bonne rotation des cultures. Pour me simplifier le travail, chez moi j'ai découpé le jardin en six zones. Cela peut être des carrés comme ici. Dans le premier, je fais un bel apport de compost pour y installer des légumes fruits, très gourmands. Puis, l'année d'après, ces légumes passeront dans la parcelle n°2, et ainsi de suite (voir plan ci-joint).
Dernière astuce pour gagner du temps : faire des semis en pots ou mini mottes, sauf carottes et radis qui doivent être semés en place. "Ainsi, lorsque l'on repique, les plantes sont plus fortes et résistent mieux aux limaces, par exemple. Et il n'y a pas de trous dans les lignes."
Ne reste plus qu'à s'y mettre !






mardi 29 janvier 2019

Comment entretenir son jardin au naturel (désherber, enrichir, traiter)

Pour notre première séance de l'année, 90 personnes sont venues s'informer de l'après pesticides au jardin. 
Charly Rio de la maison de la Bio de Daoulas, notre animateur de séance, a commencé par un rappel de la loi l'Abbé, applicable aux particuliers depuis le 1er janvier 2019: Interdiction de vente, d'achat, d'utilisation ou de détention de pesticides, sous peine d'amende de 1500 € et ou d'emprisonnement de 6       mois.
 Puis nous avons débattu des solutions alternatives que nous pourrions mettre en place pour remédier à cette interdiction.
1) Désherbage
-  Aménager les allées et les cours afin de réduire les interventions.
- Choisir des méthodes adaptées aux surfaces et aux besoins.
Méthodes manuelles, mécaniques, thermiques.
Produits naturels (eau chaude, gros sel, vinaigre blanc, produits autorisés en agriculture biologique).
Attention toutefois à leur emploi excessif (ex ; gros sel, vinaigre blanc) au risque de polluer les sols ou les eaux des rivières.
-   Admettre sur les espaces herbés (pelouses ou autres) la présence de certaines adventices et utiliser des moyens mécaniques pour les extraire ou réaliser des tontes moins rases afin de diminuer leur présence.
2) Enrichir et protéger
- Utiliser des amendements naturels tels que le compost, le fumier, l'urine diluée, engrais verts, goémon, cendre de bois (1 poignée /m²), les purins de plantes:
a) Purin d'ortie (azote) pour le développement des feuilles.
b) Purin de consoude (potasse) pour le développement des fruits.
c)  Purin de prêle en insecticide
-  Privilégier les paillages afin de réduire les désherbages et prévenir l’assèchement des sols par évaporation.
Attention à l'utilisation de la chaux qui donne de très bon résultats à court terme, mais devient un désastre si elle n'est pas associée  ou compensée par des compléments nécessaire pour l'équilibre du sol.
Souvenez vous du dicton: les chaux enrichissent les pères mais ruinent les fils.
Après midi donc riches en échanges. A nous de trouver les bonnes méthodes et solutions pour jardinier en l'absence des pesticides.
Merci à Charly Rio.

mardi 27 novembre 2018

Bourse aux plantes


 
 Beaucoup de passage samedi pour notre Bourse aux plantes, à la salle Ty Kreis Ker de Saint-Urbain. Comme chaque année maintenant, chacun a pu trouver son bonheur entre les boutures, bulbes divers, plantes aromatiques, graines...


Cette année, Denis Jaffré était présent pour nous présenter son bac de capture à frelons asiatiques. A noter que les grilles (à adapter sur le contenant de votre choix) font parties de la commande groupée de cette année.



Nous avions également un stand de la maison de la Bio pour présenter le jardinage au naturel et surtout rappeler l'interdiction de l'utilisation et de la détention des produits phytosanitaires à partir du 1er janvier 2019.

jeudi 22 novembre 2018

Programme 2019


Samedi 26 janvier : entretenir son jardin au naturel (désherber, enrichir, traiter) avec Charly Rio de la Maison de la Bio, et collecte de produits phytosanitaires, à la salle Ty Kreis Ker de Saint-Urbain.
Samedi 23 février : démarrer un potager en carrés : la préparation, les légumes faciles, les bonnes associations…
Samedi 30 mars : bien conduire une vigne avec la visite de la vigne de Loperhet.
Samedi 27 avril : La biodynamie, qu’est-ce que c’est ? Comment l’adapter à nos jardins.
Samedi 25 mai : tout savoir sur les adventices : les reconnaitre, s’en débarrasser ou les utiliser…
Samedi 29 juin : l’eau au jardin, de la récupération jusqu’à une bonne utilisation.
Samedi 28 septembre : cultiver un parterre d’aromatiques et comment bien les conserver.
Samedi 26 octobre : entretenir son matériel à moteur. Atelier pratique.

Samedi 30 novembre : bourse aux plantes.

mardi 6 novembre 2018

Comment aménager un talus

Une vingtaine de personnes avait bravé le froid et la pluie ce dernier samedi d'octobre pour en savoir plus sur l'aménagement des talus. C'est Laurent Ranou, jardinier du Parc d'Armorique, qui était à la manœuvre chez Maurice. Après un rappel historique sur l'apparition des talus et leurs tracés, Laurent a expliqué le concept le zones riches et pauvres qu'il faut répartir dans son jardin. "Typiquement, le potager doit être une zone enrichie. Mais pas le verger. Il faut que l'arbre souffre un peu pour donner de nombreux fruits."
Et pour appauvrir, rien de plus simple : "il faut faucher au moment de la floraison et surtout ne pas laisser les herbes sur place se décomposer. Et pareil à l'automne, il faut enlever les feuilles mortes." Des arbres fruitiers peuvent ainsi tout à fait pousser sur le dessus du talus. Ce peu être également le cas d'arbres d'ornement ou d'arbustes.
Démonstration en extérieur où Maurice a remplacé une haie de conifères par un talus, aujourd'hui recouvert d'herbe. L'occasion pour Laurent de rappeler quelques règles de plantation. "Il n'est pas utile de faire une grand trou de plantation, pour ne pas bouleverser la vie du sol. Pas la peine non plus d'enrichir le fond du trou : il faut nourrir les racines par le dessus."
Sachant qu'en Bretagne le sol manque généralement de carbone et comporte trop d'azote, il est conseillé de ne pas pailler avec de l'herbe mais plutôt de la paille. Si vous plantez au milieu d'une bâche, pensez à donner un coup de talon et mettez une pierre pour aider l'eau à s'infiltrer.

mercredi 31 octobre 2018

Assemblée générale : une grainothèque en projet

L'Assemblée générale de l'association s'est tenue jeudi 25 octobre à la salle Ti an Holl de Saint-Urbain. L'occasion de revenir sur le riche programme de l'année passée et de souligner le succés rencontré par notre stand sur l'opération "Jardiner c'est naturel" au manoir de Kerliver à Hanvec.
Pour 2019,  l’association continuera ses séances sur un rythme mensuel, le dernier samedi du mois sauf exception, avec une interruption en juillet et en août et la cotisation reste fixée à 5 € par an. Parmi les thèmes qui seront abordés, la conduite d'une vigne, le désherbage au naturel, l'entretien du matériel à moteur ou comment commencer un carré potager. 
Il a également été décidé de reconduire une commande groupée, avec comme l'an dernier du terreau et d'autres produits (film noir, voile anti-insectes, engrais verts). Nous allons également reprendre contact avec Denis Jaffré pour proposer des pièges à frelons asiatiques.
Enfin, nous avons présenté le projet de grainothèque que nous souhaitons mettre en place au printemps, en lien avec la bibliothèque de Saint-Urbain et sans doute l'école. Il est envisagé de mettre à disposition des sachets et un mode d'emploi (des conseils pour récolter et proposer de bonnes graines). Le lancement de cette grainothèque pourrait faire l'objet d'une soirée spéciale à la bibliothèque et d'une exposition.